REVIEW – Rainbow de Kesha

REVIEW – Rainbow de Kesha

Si l’on devait comparer la carrière d’un artiste, on pourrait dirait que ça ressemble très souvent à une expédition en montagne. Début prometteur comparable à l’ascension, le sommet atteint le temps d’un, deux voire trois albums puis la descente inexorable en terme de qualité. Heureusement ce schéma ne s’applique pas à tous et parfois l’ascension prend beaucoup plus de temps que prévu, réservant dès lors des albums assez inattendus. Prenez l’exemple de Kesha, on l’a connu superstar de la bande FM avec des hits particulièrement dispensables dont l’ignoble Tik Tok en tête. Autant dire que son nouvel album était loin de susciter chez moi un quelconque intérêt. Tombé dessus un peu par hasard, quel ne fut pas ma surprise à l’écoute de ce disque véritablement plaisant et touchant. 

Il faut remettre les choses dans leur contexte pour comprendre cette évolution. Cernée par un producteur tyrannique qu’elle accusera de viol en 2014, Kesha a connu une longue période de crise et de déprime. Ce qui frappe sur ce disque, c’est la manière qu’a choisi la chanteuse pour exorciser tout ce mal, pour rejeter cette période trouble.  Plutôt que proposer un disque lourd et sombre, elle choisit la voie inverse et délivre des titres résolument positifs et plein d’espoir, sa façon à elle de montrer qu’elle à décider d’aller de l’avant. Let’em talk et le bondissant Boogie Feet , deux titres en featuring avec les Eagles of Death Métal en sont les parfaits exemples. Tempo rapide, influence pop, ambiance rock et à chaque fois des refrains déchainés, loin de ce que l’on aurait pu imaginer après tant de problèmes personnels. Dans le même registre, on ne pourra pas passer à côté du joyeux hymne féministe Woman et son refrain entêtant.

Sur ce troisième album, elle marque également encore d’avantage son empreinte dans le monde de la country et il faut dire que ça lui va comme un gant. Sa voix colle à merveille au genre. Old Flames en duo avec la légendaire Dolly Parton est un morceau chaleureux plein de soul et de vie. On pourrait également citer Hunt you Down, moins intense cependant. On aime aussi quand elle évolue dans un registre plus minimaliste. Sur le superbe morceau d’introduction, Bastards, accompagné de sa guitare folk, elle délivre un message fort sur une composition que n’aurait pas renié une certaine Alanis Morissette, pour qui s’en souvient. On retrouve cette simplicité sur le plus rêveur Spaceship et ses chœurs venus d’ailleurs.

Elle n’oublie pas non plus de livrer au passage des morceaux plus poignants. Tout d’abord il y a la pop épurée et distante d’Hymn rappelant par moments le style de Lorde. Ensuite et bien plus fort, on trouve le bouleversant et crescendo Praying où elle expose avec beaucoup d’émotion son renouveau, une splendide performance vocale.

Alors on ne manquera pas de noter que globalement l’album est dépourvu de réelles prises de risques et contient tout de même quelques morceaux faibles, le fade Finding you ou l’épouvantable Learn to let go, une sorte de bouillie pop dance façon David guetta dont on se serait passé volontiers.

On ne restera évidemment pas sur cette note négative. Cette album est bon, solide et l’une des plus belles surprises de cette année 2017. Sans révolutionner quoique ce soit, Kesha s’impose aisément dans cet agréable mélange de pop, country et rock. Ne reste plus pour elle qu’à rester sur cette voie. En tous cas, ce sont là les débuts prometteurs d’une seconde carrière.

 

A propos de Vincent

Vincent
Féru amateur de musique et de cinéma, il ne se contente pas d'écouter un genre précis mais a une ouverture globale rare.

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