REVIEW – Melodrama de Lorde

REVIEW – Melodrama de Lorde

La première fois que j’ai entendu Lorde, il s’agissait d’un live sur l’émission Le Grand Journal en 2013 et son passage m’avait interpellé tant elle dégageait déjà quelque chose d’inhabituel. Que ce soit au niveau des compositions ou de l’attitude sur scène, il était évident que cette jeune chanteuse avait un truc en plus. Quelques semaines plus tard, je découvrais Pure Heroine son excellent premier album marqué par des titres comme Still Sane, Team, A World Alone ou encore le magistral Ribs. A juste 16 ans, elle proposait un remarquable album de pop minimaliste nourri de sonorités électro, bien loin de ce qui se faisait alors outre atlantique.  

Plutôt que profiter de son succès trop rapidement en sortant dans la foulée un second album, la néo-zélandaise a pris le temps d’écrire son successeur, preuve d’une maturité et d’un réel souci de qualité artistique. Quatre ans plus tard, voici donc venir Melodrama et rarement l’attente d’un album n’aura été autant récompensée. On connaissait déjà le morceau d’ouverture Green Light, celui-ci ayant été dévoilé comme premier single de l’album. Une chanson électropop dynamique marquée par un refrain enflammé et beaucoup de chœurs, l’une des marques de fabrique du son Lorde.

Derrière c’est donc le grand saut dans l’inconnu et immédiatement on trouve des branches auxquelles se raccrocher. Sober et Sober II sont des compositions précises où tous les éléments s’enchevêtrent parfaitement, on ressent le soin minutieux apporté à la production. Sur Homemade Dynamite ou Hard Feelings, on retrouve  une certaine forme de mélancolie post adolescence, dans la lignée de celle ressentie sur Pure Heroine. Un son accrocheur, un groove froid entrainant soutenu par une voix aérienne et un sens du détail une nouvelle fois impressionnant.

The Louvre est sans doute le morceau clef de l’album. Lorde passe ici à niveau plus complexe que tous ces autres morceaux jusque-là. Elle dévoile ici une composition de pop quasi parfaite où les diverses émotions ressenties s’entremêlent à merveille. Liability est à l’opposé de cette construction en différent mouvements. C’est ici un morceau épuré, une simple ligne de piano pour un morceau bouleversant d’une simplicité désarmante. Un peu plus loin, on retrouve un autre morceau, tout aussi minimaliste, mettant particulièrement en valeur la voix de son interprète. Sur le fabuleux Writter in the Dark, on croirait entendre Kate Bush et on reste cloué par les progrès vocaux réalisés par la jeune chanteuse.

Supercut vire carrément à l’électro pop dance et évoque inévitablement Robyn ou dans une moindre mesure Tegan&Sara. Ça prend complétement aux tripes, c’est plein d’une énergie positive, frissons garantis, sans doute l’un des futurs singles de l’album. Perfect Places conclue à merveille l’ensemble grâce à une mélodie captivante qui rentre directement dans la tête.

Évoquant la célébrité, la solitude ou encore le chagrin amoureux, Lorde, à seulement 20 ans, viens de sortir l’un des plus grands albums de l’année et confirme ici tous les espoirs placés en elle. Elle a affiné son style sans se fourvoyer dans une quelconque mode, elle mène sa barque comme elle l’entend et j’ose espérer que cela dure le plus longtemps possible.

 

 

A propos de Vincent

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