REVIEW – Le Redoutable de Michel Hazanavicius

REVIEW – Le Redoutable de Michel Hazanavicius

Il y a de ces metteurs en scène qui quoiqu’ils fassent attirerons toujours ma curiosité, Michel Hazanavicius est de ceux-là. Il faut dire qu’au-delà de son superbe hommage au film muet avec l’oscarisé The Artist, Hazanavicius reste avant tout pour moi l’auteur de deux des plus grandes comédies françaises du XXIème siècle, j’entends bien sur les réjouissants OSS 117

Après le trop sérieux The Search, situé dans un genre où il n’était pas forcément à son aise, le réalisateur français revient à la comédie où il y dessine le portrait d’une grande figure du cinéma, le précurseur Jean Luc Godard. Evitant le piège de l’autobiographie lambda et linéaire, Le Redoutable ne s’attache qu’a une partie de la vie de cet artiste pour le moins singulier.
Nous sommes en 1968, la révolte gronde en France. Godard se remet à peine de l’échec de son film La Chinoise, descendu de toutes parts. Après avoir été sacré comme l’un des plus grands innovateurs du cinéma mondial, Godard entre dans une phase de remise en question. Il s’interroge sur lui-même, sur son cinéma mais également sur le monde qui l’entoure, s’indignant contre de nombreux conflits à travers le monde. Durant cette période de doute, il peut alors compter sur sa compagne et admiratrice, la jeune actrice Anne Wiazemsky.

C’est Louis Garrel qui a les honneurs d’interpréter Godard et il est tout simplement bluffant. Il faut voir comment il parvient à se glisser dans la peau de son personnage, zozotement inclus, une performance remarquable. On n’en dira pas forcément autant pour Stacy Martin, ennuyante, un jeu plat ne provoquant aucune émotion que ce soit dans le positif ou le négatif. Même quand elle s’effondre en larmes, ça sonne faux. Si le film a le mérite de remettre Jean Luc Godard au gout du jour et permettra de susciter la curiosité du jeune public, pas forcément familier avec les œuvres du metteur en scène, c’est dans la reconstitution de l’époque qu’il fascine le plus. Il y a bien sur le contexte, mai 68, les manifs mais également l’atmosphère si particulière de l’époque, l’émergence de la publicité à outrance. Que ce soit au niveau sociologique, politique ou ailleurs dans la colorimétrie ou les décors, on sent qu’un travail minutieux a été effectué pour rendre au mieux la vérité de cette période trouble.

Le film est globalement très fluide et ne souffre que de peu de longueurs mais ne parviendra jamais à vraiment nous emballer. Peu d’éclat de rires, quelques sourires et surtout la désagréable impression qu’Hazanavicius a un peu survolé l’ensemble sans prendre trop de risque. C’est propre mais ça manque de passion et de folie.  Sur ces bonnes paroles, je retourne me regarder A bout de Souffle.

 

A propos de Vincent

Vincent
Féru amateur de musique et de cinéma, il ne se contente pas d'écouter un genre précis mais a une ouverture globale rare.

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