REVIEW – Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve

REVIEW – Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve

Dans cette lassante période de reboots et autre suites en tous genres, il a bien fallu que ça arrive. Il y a quelques années, Hollywood s’est réveillé un matin en proposant l’idée la plus déraisonnable de la décennie : donner une suite au chef d’œuvre absolu Blade Runner, véritable pierre angulaire de la science-fiction au cinéma ayant inspiré nombre d’artistes à travers le monde, de par son univers et ses thématiques. Inutile de vous dire que cette nouvelle fut accueillie froidement par les admirateurs du premier opus. Il aura fallu attendre l’annonce du nom du réalisateur et l’inquiétude se transforma alors en impatience. De Incendies en passant par le très intense Sicario ou le magnifique Premier Contact, Denis Villeneuve s’est imposé comme l’un des cinéastes les plus doués de sa génération, incontestablement l’un des choix les plus judicieux pour donner suite aux aventures de Rick Deckard. 

Trente ans après le premier opus, Los Angeles est toujours cette ville tentaculaire et grouillante. L’agent K, est en charge de traquer et d’éliminer les réplicants incontrôlables de l’ancienne génération. Au cours d’une mission, il découvre des indices qui pourraient fondamentalement modifier la place de ceux ci dans la société.

Dès les premières minutes, les craintes s’estompent pour laisser place à l’émerveillement, celui de retrouver l’ambiance singulière du premier opus. On se replonge au milieu des néons, publicités (holographiques) géantes, voitures volantes. On y entend de nouveau les spots lointains incitant à découvrir les colonies de l’espace, la pluie ayant laissé place à la neige. Denis Villeneuve parvient par on ne sait quel miracle à respecter l’univers original sans jamais s’écrouler sous ce si lourd héritage. Il étend soigneusement le cadre pour nous faire découvrir la périphérie de la ville, des imposantes plantations sous serre à l’immense déchetterie. Avec la précieuse aide du génial directeur de la photographie Roger Deakins, il parvient à réaliser l’un des plus beaux films de ces dernières années. Le travail sur la couleur, la lumière et les différentes architectures est stupéfiant, c’est magnifique de bout en bout.

A l’opposé des fatigants blockbusters débordants d’action non-stop, Blade Runner 2049 prend son temps et ça fait du bien. Comme son prédécesseur, c’est une œuvre contemplative et lente, s’étirant sur près de deux heures quarante sans que le temps ne paraisse jamais trop long. Exploitant de nombreux thèmes comme la quête d’identité, la création, le souvenir, la définition de l’être, l’évolution de la société, des technologies ou encore les rapports entre l’homme et la machine, Denis Villeneuve propose une œuvre riche sans jamais faire dans la démonstration grossière et gratuite, incitant le spectateur à s’interroger sur lui-même comme n’importe quel roman de Philip K Dick le ferait.

Les personnages secondaires sont tous plus intéressant les uns que les autres, que ce soit Niander Wallace, un scientifique aux inspirations divines, successeur d’Eldon Tyrell, ou encore Joi, l’hologramme en quête d’humanité. Le casting est irréprochable et les acteurs sont tous très impliqués. Ryan Gosling impassible en agent K, Jared Leto excellent comme d’habitude dans le rôle de Wallace, Harisson Ford traqué et vieillissant retrouvant 35 ans après son personnage de Rick Deckard ou encore Ana De Armas qui devrait rapidement se faire une belle place à Hollywood.

La superbe bande originale du premier volet signé Vangelis avait marqué les esprits. Hans Zimmer a su s’en inspirer en partie et amène le tout vers des sonorités plus brutes et froides déployant une architecture synthétique sophistiqué se synchronisant parfaitement au film.

Blade Runner 2049 est clairement un chef d’œuvre du cinéma moderne, une dystopie à la poésie sombre respectant à merveille l’œuvre originale en l’amenant vers d’avantage de modernité. Le film est parcouru de cette mélancolie omniprésente, ce sentiment de solitude palpable, traversé de fulgurances visuelles hallucinantes s’imprimant dans la rétine pour ne plus vous lâcher. Denis Villeneuve n’as décidément pas fini de nous  impressionner.

A propos de Vincent

Vincent
Féru amateur de musique et de cinéma, il ne se contente pas d'écouter un genre précis mais a une ouverture globale rare.

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