REVIEW – American Dream de LCD Soundsystem

REVIEW – American Dream de LCD Soundsystem

C’est un fait indéniable, James Murphy est l’un des artistes les plus emblématiques de sa génération. Ayant puisé son inspiration dans le post punk, la dance, le disco, l’électro ou encore la house, il a fortement contribué avec son projet LCD Soundsystem à dessiner la musique des années 2000. Après trois albums, tous salués par la critique, il décide de mettre fin à l’aventure en 2010 avec l’album d’adieu This is Happening. Sept après, il faut croire que James Murphy n’avait pas encore totalement refermé le livre. 

American Dream, quatrième chapitre donc, est un disque nécessaire. N’ayant jamais vraiment trouvé de successeur digne de ce nom pour reprendre le flambeau, il ressuscite ici un genre que lui seul maitrise aussi bien. Indispensable également pour les novices du groupe qui découvriront là un disque somme, sans doute plus accessible que par le passé. Sans renier son style, passant notamment par des titres toujours très étirés, on tourne souvent autour des six minutes, James Murphy a un peu adouci sa formule. C’est plus propre, moins brut mais en aucun cas moins passionnant, bien au contraire.

Sur ces dix titres, James Murphy fait part de ses tourments et envisage désormais d’avantage le passé que le futur. Traversé d’une forme étrange de mélancolie et de spleen, American Dream n’en reste pas moins un album plein de vie. Sur le superbe How Do You Sleep, il nous emmène avec lui pour une balade nocturne où l’on danse pour vaincre la déprime ambiante. Comment ne pas succomber également au fantastique Tonite, incontestablement l’un des meilleurs titres de ce nouvel opus. Il y a là tout ce qui a forgé l’identité de LCD Soundsytem. Un pattern entêtant répété à l’infini, des sonorités électro rétro façon kraftwerk, quelques notes de synthé mélancolique, une cowbell pour appuyer le tout et le tour est joué.

Ailleurs sur Call The Police ou I used to, il n’hésite pas à donner une tonalité un peu plus pop à l’ensemble tout en évitant le jeu évident du Couplet/Refrain basique. Idem sur le bouleversant American Dream où l’on aura rarement entendu un James Murphy aussi résigné sur le monde qui l’entoure.

Une petite dose de punk, Emotionnal Haircut, qui devrait plaire aux fans de la première heure puis il est temps de quitter l’esprit perturbé de James Murphy pour un final des plus émouvants. Black Screen ce sont douze minutes en totale introspection sonnant comme un véritable adieu. On ne serait d’ailleurs pas étonné que l’album testament de LCD Soundsytem soit bien celui-ci.

On ne peut d’ailleurs s’empêcher de voir l’ombre de David Bowie planer sur ce disque, la guitare électrique sur Change Yr Mind rappelant inévitablement à Blackstar, autre très grand album testament. Il semble bien qu’une époque appartenant désormais au passé se referme définitivement.   

 

A propos de Vincent

Vincent
Féru amateur de musique et de cinéma, il ne se contente pas d'écouter un genre précis mais a une ouverture globale rare.

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