REVIEW – A Beautiful Day de Lynne Ramsay

REVIEW – A Beautiful Day de Lynne Ramsay

Depuis sa révélation au grand public en 2000 avec le colossal Gladiator, Joaquin Phoenix n’aura eu de cesse de peaufiner son jeu en choisissant des rôles très diversifiés. De Paul Thomas Anderson à Woody Allen en passant par M Night Shyamalan, Spike Jonze et bien entendu James Gray, il a toujours su tirer son épingle du jeu pour figurer aujourd’hui dans le gratin des acteurs hollywoodiens. Cette fois ci, c’est à la réalisatrice Lynne Ramsay  qu’il a choisi d’offrir ses services. Il incarne Joe, un vétéran de la guerre revenu aux états unis hanté par un passé douloureux. Errant dans la ville à la recherche de juteux contrats comme tueurs à gages, il se met en tete de délivrer la fille d’un sénateur, prisonnière d’un réseau de prostitution. 

Vendu comme le Taxi Driver du XXIème siècle, A beautiful Day est pourtant loin d’égaler le chef d’œuvre de Martin Scorcese. Alors oui, on retrouve un personnage masculin obsédé par la violence. Oui on retrouve également une relation entre un homme torturé et une jeune prostituée mais ces quelques rapprochements scénaristiques ne suffisent vraiment pas à en faire le Taxi Driver de notre temps. Joaquin Phoenix, auréolé d’un prix d’interprétation à Cannes, livre ici une bonne performance mais sans doute pas la meilleure de sa carrière. Son personnage souffrant de pulsions suicidaires est constamment renfermé sur lui-même, rendant dès lors  le film beaucoup trop hermétique, faute à une réalisation peu adapté.

On comprend pourtant dans le fond ce que la réalisatrice a voulu montrer et elle y parvient par instant notamment durant la très surprenante scène du coffee à la toute fin. Cependant cela ne saurait gommer la confusion et parfois l’ennui régnant durant le reste du film. On aimerait adhérer mais jamais la réalisatrice ne nous emporte. L’histoire avec la jeune fille par exemple souffre d’un réel manque de profondeur. On reste là sans jamais s’émouvoir de son sort. Si cela ne m’as pas forcément dérangé, la violence, fortement présente, devrait également en rebuter certains.

Pour accompagner cette longue descente aux enfers, Jonny Greenwood (Radiohead) a composé une bande sonore brute traversé de sonorités dissonantes. Là encore, c’est plutôt  réussi mais ça n’égale jamais les somptueuses compositions réalisées pour les films de Paul Thomas Anderson.

Heureusement la réalisatrice parvient à ne pas trop s’étaler et on se dit que quatre-vingt-dix minutes sont ici bien suffisantes. On saluera également la volonté de ne pas en faire trop en évitant le surplus de provocations gratuites. On en ressort avec une impression d’inachevé et un sentiment de frustration, comme si la réalisatrice était passé très près d’un potentiel grand film sans jamais être parvenu au but recherché.

 

A propos de Vincent

Vincent
Féru amateur de musique et de cinéma, il ne se contente pas d'écouter un genre précis mais a une ouverture globale rare.

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