REVIEW – 120 Battements par minute de Robin Campillo

REVIEW – 120 Battements par minute de Robin Campillo

C’était le film événement du dernier festival de Cannes. Reparti avec le grand prix du Jury, 120 battements par minutes aura fait couler beaucoup d’encre et de critiques unanimement élogieuses et force est de constater qu’elles sont plutôt méritées. Signé par Robin Campillo, metteur en scène dont le travail m’était jusque-là encore inconnu, 120 battements par minute nous plonge au cœur du mouvement Act Up. Cette association créée à la fin des années 80 a joué un rôle important dans la prévention autour du SIDA en sensibilisant la population grâce à de nombreuses opérations d’envergure et la grande implication de ses militants. 

Dès les premières minutes, on se retrouve au cœur de l’une de ces actions coup de poing, une scène saisissante suscitant la controverse chez le spectateur comme au cœur de l’association. Replaçant habilement le contexte de l’époque au cours des nombreuses réunions du mouvement, on commence à comprendre la nécessité des méthodes employées. On est en France au début des années 90, le SIDA est un fléau touchant essentiellement la communauté homosexuelle, les prostituées et les toxicomanes et les pouvoirs publics ne mettent pas forcément les moyens nécessaires à une politique efficace de lutte. Là ou Robin Campillo a tout compris c’est qu’il ne se pose jamais en moralisateur ou en militant. Il laisse intelligemment le spectateur seul juge de ce qu’il voit.

De même les personnages au sein de l’association ont chacun leur façon de voir les choses et c’est ce qui rend les débats absolument captivant. Il y a dans cette jeunesse touché et meurtri une volonté de vivre et de combattre stupéfiante. Les acteurs jouent avec un naturel remarquable, Adèle Haenel bien sûr mais surtout le méconnu Nahuel Perez Biscayart livrant une remarquable composition dans le rôle de Sean, un personnage entier. Robin Campillo sait également se montrer inventif et original dans sa mise en scène et dans le montage, la scène de la boite de nuit en est l’exemple le plus parlant. On regrettera juste une scène de sexe beaucoup trop longue ainsi qu’une dernière partie maladroite faisant retomber l’intensité du film, rattrapée cependant par une mise en place brillante du générique de fin.

Soutenu par une efficace bande son électro house signée Arnaud Rebotini, 120 BPM mérite assurément d’être vu, un film choc dont on ressort secoué et nous rappelant à quel point le SIDA est toujours d’actualité. Voilà un formidable message d’espoir, un film plein de vie, intense et forcément d’utilité publique.

A propos de Vincent

Vincent
Féru amateur de musique et de cinéma, il ne se contente pas d'écouter un genre précis mais a une ouverture globale rare.

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