REPORT – Les Nuits Sonores s’exportent à Bruxelles !
La X stage

REPORT – Les Nuits Sonores s’exportent à Bruxelles !

Rendez-vous incontournable de la scène électronique en France et même en Europe, Les Nuits Sonores créés en 2003 à Lyon, n’ont cessé de grandir. Le temps d’un week-end, elles s’exportent dans la capitale belge, face à l’Atomium dans le complexe Brussel Expo.

23h, on est frappé à notre arrivée par le gigantesque et scintillant Atomium se dressant devant le palais expo. Un ouvrage remarquable, brillant de mille lumières. Quelques minutes plus tard, une bourrasque de basses nous accueille au sein du bâtiment. Ça sent bon la Belgique, et ses limitations sonores moins restrictives qu’en France. Quelques tickets boissons dans les poches, on se dirige vers le bar. La carte est conforme aux attentes. Un joli choix de spiritueux, bien plus limité pour la bière. Peu onéreuse, seule la Desperados et la Maes sont de vigueur. L’eau est-elle, quasiment au prix de la bière !

Le palais expo se divise en deux salles. La X Stage, grande scène des Nuits Sonores, présente une architecture lumineuse travaillée. Des immenses X sont formés par des néons au dessus du public et peuvent s’allumer en traînée. L’idée est vraiment intéressante et jolie, mais en pratique, on se retrouve trop souvent exposé à une forte lumière. La seconde salle nommée Ambassador se situe à l’étage, dans ce qu’on pourrait qualifier de salle de réception. Très charmant, la petitesse du lieu n’est cependant pas raccord avec un volume sonore souvent trop élevé. Qu’a cela ne tienne, nous assistons à la seconde partie du set de Kong. Rien de bien original, c’est efficace pour l’heure et la house euphorisante du bonhomme saura ambiancer une salle encore un peu timide.

En bas, changement total d’ambiance avec le b2b entre Motor City Drum Ensemble et Pablo Valentino. Un bond de plusieurs années en arrière, voire plusieurs décennies, est effectué pour un set coloré et groovy. House rétro, sonorités R’n’B 90’s, ambiance funky, passages disco, le duo formé pour l’occasion propose une musique chaleureuse évoluant par instant vers une house plus agressive et synthétique. Deux heures et demie après le début de leur show, ils sortent sous les applaudissements d’une salle encore clairsemée. Il est maintenant 2h du matin, et nous nous rendons maintenant à l’évidence que cette première nuit des Nuits Sonores n’aura pas attiré autant de monde que souhaité. Peut-être manquait-il une grosse tête d’affiche pour le vendredi, les festivaliers ne semblant plus si friands de découverte. Tant pis pour les absents, on continue notre périple !

Kong en DJ set

Entre deux passages disco sur la X Stage, nous aurons croisé Haring à l’Ambassador. Le jeune producteur belge attire du monde. Avec des influences évidentes de Rone, Haring envoie ses bonnes vibes au travers d’une musique électronique planante et rythmée donnant parfois un côté presque cinématographique à ses compositions. Pour s’adapter à l’heure avancée, il n’hésite pas à pousser le kick. Mélancolique, on retrouve également des influences du label Border Community dans la sensibilité et certaines structures. Lui succède ensuite l’un des meilleurs ambassadeurs de l’électro dark : le grenoblois The Hacker. Une valeur sûre dont nous n’allons pas regretter le déplacement. Entre darkwave, électroclash et techno froide, il propose un set efficace régulièrement rythmé de caisses claires façon TR808. Malgré l’endroit bien trop feutré pour la musique du producteur français, la magie opère, et l’ambiance nous rappelle même l’univers et l’esthétique d’un certain Nicolas Winding Refn, The Neon Demon en tête.

Sur la X Stage, le disco a laissé place à la musique plus percussive de Dengue Dengue Dengue. Le duo péruvien porte des masques traditionnels et la direction musicale voulue apparaît rapidement. Modernisant la Cumbia en l’enrobant d’une électro hypnotique, les sud-américains installent une ambiance plus psychédélique. Si cela marche le temps de quelques morceaux, on trouve le tout un peu répétitif, et les 45 minutes se suffisent largement. Le duo berlinois Modeselektor s’y produit dans la foulée. N’hésitant pas à venir chauffer le public devant les platines, les allemands font leurs jobs et démarrent leur set par une  techno bien massive, façon rouleau compresseur. Grosses basses, kick puissant, ils ne sont pas venus là pour enfiler des perles. Leur set s’avère costaud même si on note quelques passages faiblards et des transitions un peu hasardeuses. Un Born Slippy d’Underworld pour mettre tout le monde d’accord, un court passage de trance, de trap, un grand classique de Vitalic et finalement ils terminent leur venue sur un titre de Moderat, le magnifique et profond A New Error. Un peu sur les rotules, après quelques minutes d’écoute du set plus rugueux de Bambounou venant tirer les dernières forces des quelques survivants restants, on se décide à rentrer pour affronter la seconde nuit en forme.

Rone en live

Quelques heures de sommeil plus tard, on repart à l’assaut de Bruxelles avec une excitation encore plus prononcée que la veille. Conséquence immédiate de la programmation de deux beaux noms, une foule plus nombreuse. Pour ce deuxième jour, nous arpenterons uniquement la X stage, tant la musique nous séduira. On se dirige dès notre arrivée un peu tardive, vers Rone, histoire de s’installer au premier rang et profiter au mieux de la mise en scène. Une gigantesque toile est installée en fond de scène avec dessus un artwork de son prochain album. Accueilli par un public bouillant, le producteur français nous délivre un live de haute volée. Une électro planante, très onirique, dotée de mélodies sensibles et soutenue par un rythme intense. La plupart des titres joués seront directement tirés de son nouveau disque Mirapolis, avec quelques réinterprétations sympathiques de Bora ou Bye Bye Macadam. Tradition respectée, il n’hésitera pas à se jeter dans les bras de son public à la fin de son live, déclenchant une cascade de sourires ravageurs parmi le public.

Lui succède, après un gros quart d’heure de changement de plateau, l’une des figures montantes de l’électro made in tunisia. Deena Abdelwahed installée derrières les platines nous plonge dans une ambiance résolument différente de celle de Rone dont il faudra quelques temps d’adaptation. Bien plus sombre, le set de la jeune productrice se compose essentiellement d’une techno au léger accent industriel, fortement fourni en percussions et proposant un travail intéressant sur la mise en place rythmique. On aime le concept, mais l’heure et demie semble légèrement longue. La fin du festival s’écrira avec le légendaire Laurent Garnier. Toujours surprenant, le désormais Chevalier de la Légion d’honneur attire la plus grosse affluence du festival. Il martèle dès le début de son set la X stage d’une techno assez profonde et agressive. Le public répond immédiatement aux premières notes, et vibrations, et la salle se voit rapidement transformé en chaudron. On restera une bonne heure et demie, comme hypnotisé par sa faculté douce à enchaîner les morceaux sans qu’on s’en aperçoive. Un maître en la matière ! Et puis, les jambes en compote, on quittera les Nuits Sonores de Bruxelles une petite demie heure avant la fermeture, des étoiles pleins les oreilles, ravi d’avoir vécu ces deux nuits pleines de souvenirs !

Rone en live

 

Texte et photos par Gauvain et Vincent


Peu de photos autre que Rone car nous n’avons pas eu d’accès photos,
et seulement pour Rone nous étions au premier rang

A propos de Gauvain

Gauvain
Fan de festival et d'électro. Toujours à l’affût de nouvelles découvertes. Ne crache pas non plus sur une bonne bouffe.

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