REPORT – Et si le Cabaret Vert était un festival parfait ?
Le fameux bar du Groin Groin

REPORT – Et si le Cabaret Vert était un festival parfait ?

En quittant le Square Bayard, nous prenons conscience de la fin de la saison des festivals, le début du mois de septembre est là… Winter is coming ! Cette position si particulière dans le calendrier confère au Cabaret Vert une atmosphère des plus particulières. Les quelques 98000 festivaliers ont répondu présent avec le sourire et une bonne humeur communicative, tout comme la sécurité d’une (trop) rare joyeuseté. Et comment oublier l’alternative en terme de mets, de saveurs, et de boissons. Un grand exemple à suivre pour tous. Et si le Cabaret Vert était un festival parfait ?

Au (dormeur) du Val

Côté camping, nous nous sommes installé au Dormeur du Val. Carrément terrible, l’ambiance y est à son comble. Serrés comme des sardines, il y règne une atmosphère de cour de recré géante où chacun se sent libre dans un respect omniprésent. Rythmé aux cris de guerre : « apéroooooooo », nos souvenirs en ce lieu sont exceptionnels. On se souviendra longtemps notamment de nos voisins de campement belges, fortement accueillants et toujours prêt à faire la fête. Dans ce mêle tout, nous avons même croisée la fée rosée accompagné de Cubidon, deux personnages fortement appréciés par toute la zone 10 du camping. Pour combler le tout, le camping propose un très bel espace de jeu où on a pu pratiquer badminton, ping pong, volley, relaxation et quelques dizaines de jeux de société mis à disposition. Un seul regret ? La fermeture de la tente bar/restauration à partir de 4h, obligeant une masse non négligeable de festivaliers à s’organiser, à l’arrache, pour des afters des plus détonants !

Le Temps des Cerises !

Maitrise de l’espace

Côté festival, une tuerie également. Dès le passage sous la belle arche d’entrée, on se retrouve dans un autre monde. Outre les concerts, dont nous parlerons dans une seconde partie, ce festival est unique pour bien des points. Grâce au superbe bar Groin Groin alliant une ambiance métalleuse, et déco post-apocalyptique. Un lieu de vie indéniable qui nous servira de point de rendez-vous tout le long du festival. En face, on y trouve le Temps des Cerises, offrant une serre remplie d’un lourd système son, de plantes et d’un lieu d’expression pour les danses les plus improbables. Un lieu où on s’étonnera à se mouver sur de la disco, du reggae, du hip-hop et bien d’autres styles plus archaïque. Derrière cette scène, un espace chill sous les arbres offre un autre comptoir charmant, pleinement bucolique. Deux bars à eau jonchent les abords des scènes principales, et offrent sans aucune attente une désaltération gratuite pour tous.

Comment parler du festival sans évoquer le Temps des Freaks, un espace intimiste absolument attrayant. Nous y avons notamment vu pièces de théâtre comiques et spectacles de marionnettes. Une série de jeux en bois ne manquent pas d’amuser petits et grands. On y croise de drôles de personnages habillés de rouge et haranguant la foule à l’aide de mégaphones, à se demander si Tim Burton n’était pas dans le coin, tellement l’étrangeté se mêle à la sérénité.

Aux abords de ce Temps des Freaks, un espace associatif appelé l’Ideal se dresse. Ici, on y côtoie des dizaines d’associations luttant pour rendre notre monde meilleur. Le développement durable au cœur du festival est loin d’être un slogan marketing. Plusieurs conférences organisées et le cinéma installé juste à côté font écho aux idées avancées. Dans celui-ci on peut y voir des documentaires et courts métrages expérimentaux, peut-être un peu trop par moment. En face de ces espaces, le samedi et dimanche un festival de BD a lieu. Les beaux noms du domaines sont nombreux, et renforcent encore plus l’univers multiculturel desservi par ce festival !

On y voit mieux, mais on entends moins !

La perfection

Après avoir fait le tour de l’ensemble de ces espaces, la faim se fait sentir ? Pas d’inquiétude, le Cabaret Vert est le meilleur endroit pour les papilles qu’on a pu croiser de notre vie de festivalier. Sans être onéreuse, la nourriture proposée est variée, délicieuse et fournie par des producteurs locaux. Difficile de passer à côté de l’incontournable poutine, du croque maroilles ou encore du burger Ardennais. La large propositions de mets nous impose de faire des concessions  ! Difficile de ne pas être frustré pour les gourmets que nous sommes ! Loin d’être en reste, le choix de boissons est pléthorique : jus de cerise, limonades, cocktails de jus de fruits, cocktails énergétiques et variété de bières incroyables, une chose est sûre : nous nous sommes régalés pendant notre périple en Ardennes !

Pas encore conquis ? Alors parlons de sa fréquentation. À l’heure où de nombreux festivals tendent malheureusement à uniformiser leur public de par une programmation trop uniforme, le Cabaret Vert peut se targuer d’accueillir une population hétéroclite. De 7 à 77 ans, du metalleux au rasta, de la bande de potes à la famille, l’ensemble des protagonistes est ici pour fêter la fin des vacances et profiter d’un dernier beau moment de partage estival. Couronné par une armée de bénévoles souriants, d’une sécurité professionnelle et rassurante, et d’un décor de haute volée, on ose le dire : le Cabaret Vert tend vraiment à être un festival parfait !

Rodéo trip de trois jours

En chauffe

Quelques minutes après être arrivé sur le site, direction London Grammar, et son ambiance intimiste. Les doux titres du trio s’enchainent avec peu de temps mort. La voix fragile d’Hannah Reid couplée à son charisme indéniable permettent de capter rapidement l’attention du public avec des titres comme Strong, Big Picture ou encore l’inévitable reprise de Kavinski Nightcall. Tout comme sur disque, on finira quand meme par trouver une certaine monotonie dans les différentes compositions. La panse remplie d’une poutine, et nous voilà devant les californiens de Cypress Hill. Dj Muggs aux platines, Eric Bobo aux percus et bien sûr B-Real et Sen Dog au mic’. Dès les premières notes de Shit Going Down, l’immensité de la plaine est conquise. Puis ça enchaîne : How I Could Just Kill A Man, un pétard allumé par B-Real, Dr. Greenthumb, un riff de Smell Like Teen Spirit, Insane in the Brain, etc. Une ambiance virant même au rock à la fin du show, une efficacité sans équivoque, décidément une valeur sûre du genre.

Flume en live !

Un pétillant de mirabelle plus tard, et on accueille Flume dignement. Délivrant une électro plutôt mainstream, l’australien conquis un public en transe à l’aide de ses plus grands titres. Un live puissant, où l’on voit l’artiste s’éclater derrière son dispositif scénographique inspiré. Agréable si vous vouliez finir la soirée en douceur. Autre alternative à l’opposée avec Death Grips. Précédé d’une réputation flatteuse en live, ça sera sans déception qu’on ressortira du concert, bien au contraire ! Un batteur survolté, un chanteur déchaîné hurlant un rap hardcore et punk, la musique du groupe arrache tout sur son passage. Il se dégage une atmosphère malsaine et hypnotique. Le nihilisme des albums est parfaitement retranscrit et il nous paraît impossible de rester de marbre devant une telle énergie, l’un des grands moments du festival.

Retour en adolescence

Le Vendredi, arrivé sur le festival sous une petite pluie passagère, bien vite oublié grâce à l’énergie desservit par Stories… Le groupe local offre un mélange de hardcore et de punk très libéré et desservi par un quartet à la pêche indéniable. Dirty Deep ont l’honneur d’ouvrir la grande scène. Le trio délivre un rock bluesy sentant bon la bière et l’Amérique profonde. Sans être très original, ça fonctionne plutôt bien. Retour à l’entrée du festival, afin d’entendre Goat Girl dont nous ne connaissions pas grand chose. Niveau musical c’est sympa mais la performance blasée des quatre musiciennes nous aura refroidi, avec un niveau de présence au ras des pâquerettes. À peine le temps de se demander pourquoi elles sont là, qu’elles plient déjà bagage à même pas la moitié de leur performance.

Un résumé du style de Turbonegro

Bien plus fantasque, Turbonegro va nous enchanter de son hardrock directement venu de Norvège. Maquillés et habillé de costume de marin et autres tenues en cuir, le groupe va mettre de bonne humeur tout le monde, notamment grâce à la communication du chanteur ne se prenant jamais au sérieux. On aime, même les reprises de Queen ! Profitant d’une pause pour apprécier une cuvée locale et reprendre des forces, on s’impatiente de retrouver The Kills, croisé en festival belge il y a un an. Le duo, y est pour l’occasion accompagné par deux musiciens. Malgré la pleine forme d’Allisson Mosshart, l’enchaînement de l’ardent U R A Fever, du sublime Black Balloon ou encore du plus récent Doing it to Death, la sauce ne prend jamais et on s’y ennui presque. Peut-être pas adapté à une si grosse scène ?

Un sublime géant croque-monsieur Maroilles au fond de l’estomac plus tard, et on retrouve la pétillante Jain. La française propose un show coloré. D’abord seule sur scène, mais occupant admirablement l’espace, elle accueille après un petit quart d’heure ses musiciens. Musicalement rien à redire, mais par moment on a la désagréable sensation de trop de blabla avec le public sur des choses futiles. Rien de grave, et on ne s’empêchera pas de s’ambiancer sur les chaleureux Come ou Makeba. Histoire de se préparer au prochain concert, on retrouve l’ambiance métallique du bar du Groin Groin une choppe à la main. On n’aurait pas su mieux se préparer pour accueillir KoЯn comme il se doit. Le rideau noir s’abaisse avec un petit quart d’heure de retard dans une détonation dont nos tympans se souviendront ! Un son impeccable s’en suit, dégageant une énergie de folie et rendant le public dingue à ne jamais s’arrêter de pogoter, slamer et proposant meme diverses figures artistiques ! Le groupe pioche dans son entière discographie et délivre une setlist quasi parfaite, on y entendra notamment : Y’all Want a Single, Here to Stay, Falling Away from Me, 4U, Freak On a Leash ou encore l’enchaînement de Blind avec Somebody Someone nous ayant rendu diiinnggguuee. Côté scénique, Ray Luzier siège derrière sa batterie sur un immense podium, Jon Davis est accompagné de son pied de micro hors du commun et de sa cornemuse, et les trois frappeurs de cordes de l’extrême ne s’arrêteront pas une seule seconde de bouger. Une claque largement à la hauteur de nos attentes !

Jonathan Davis d’une énergie incroyable

Malgré notre état lessivé, on rejoint le concert de Denzel Curry déjà bien entamé. Le jeune rappeur américain, accompagné d’un DJ/Backeur fait dans le hip-hop bien vénère. Le public est présent et prend gout à ce rap sombre teinté de lourdes basses où une certaine forme de mélancolie se devine parfois. À cette heure-ci, le public survolté n’en demandait pas plus. Si on adore les frères Dewaele lorsqu’il se présentent sous la couverture 2 Many DJ’s, on peine avec leur formation Soulwax. Malheureusement, ça sera avec celle-ci qu’ils concluront la grande scène. Bien qu’ils y mettent du leur, tout cela sonne un peu dépassé et mis à part les grands classiques du groupe, on s’ennuie ferme. Bien dommage pour un groupe censé nous faire danser.

Soleil apaisant

C’est avec un ciel fortement dégagé qu’on aborde les pelouses du Cabaret Vert. On profite pour chiller une bonne partie de l’après-midi aux Temps des Cerises à la Popcorn Party ! Enchaînant vraiment tous les styles, les deux comparses font franc succès, et font véritablement danser une foule des plus hétéroclites. Tandis que des notes d’hip-hop et de disco chatoieront nos oreilles, nous serons arrosés d’une douce rosée lors de l’arrosage des plantes de la serre. Une dose de sérénité pour commencer notre journée ! Alors qu’ils laisseront les platines au Raspect Crew nous en profiterons pour nous éclipser, moins attiré par l’ambiance reggae proposé, et ainsi se retrouver devant Last Train. On y découvre un rock aux accents de garage pas forcément très inspiré. On confesse ne jamais avoir réussi a accrocher. Même sensation avec The Lemon Twigs, puisant largement dans les périodes 70’s et 80’s, le groupe se contente de singer ses modèles, Queen en tête, sans jamais proposer quelque chose de prenant.

Franz Ferdinand sur Zanzibar

Loin s’en faut pour nous abattre, on se réfugie au bar du Groin Groin avec une chope et la joyeuse humeur du lieu pour patienter avant de reprendre la route de la grande scène pour Franz Ferdinand. La bande d’Alex Kapranos propose une pop dansante devant un large public. Ça démarre sur les chapeaux de roues avec No You Girls suivi de The Dark of the Matinee et Do You Want To, deux tubes incontournables du groupe. Le chanteur n’hésite pas à haranguer la foule en français, teinté de son accent écossais. Les britanniques livrent un show remarquable, finissant par le bien connu Take Me Out. On adhère complètement, ou pas du tout. Retour aux Temps des Cerises avec de nouveau Popcorn Party, cette fois ci associé à la bien aimé Radio Meuh. On y retrouve toujours cette science du groove , rythmant les pas de danse des festivaliers. Un vrai havre de bonheur. Retour sur la grande scène avec l’un des groupes les plus célèbres de l’électro française de ces dix dernières années. Justice débarque pour présenter son nouveau live à la scénographie imposante, entourés de murs d’enceintes, plafonné par une structure mouvante offrant de superbes séquences lumineuses. Côté musique, le live s’avérera être une bonne surprise, jonglant entre leurs anciens titres comme Dance, l’hymne We Are Your Friends, ou le redoutable Phantom Pt II et les morceaux du nouvel album. Bien que sur galette, ceux-ci ne soient pas folichons, ils trouvent un nouveau souffle en live.

Le duo The Blaze, très prometteur

On laissera le duo peu avant la fin, afin d’atterrir devant le live d’un autre duo français, The Blaze. D’abord enfermé à l’aide de panneaux d’où sont diffusés des vidéos, ceux ci se dégagent afin de laisser entrapercevoir les deux jeunes marseillais en action. Ils déversent un live d’une sérénité absolu à la hauteur de leur premier EP, mais qui par moment aurait gagné à être plus surprenant. Impossible de quitter les lieux sans aller dire un Bonjour à Vald. C’est d’ailleurs avec ce titre qu’il entame sa prestation, répandant une vague d’énergie énorme. Enchaînant avec Megadose, la première partie du show très trap est vraiment efficace et on adhère carrément. Moins fan des morceaux autotunés à outrance, la seconde partie nous réjouit moins. Mais le trublion nous quitte de la meilleure manière grâce à son percutant Eurotrap.

Texte et photos par Gauvain et Vincent

 

A propos de Gauvain

Gauvain
Fan de festival et d'électro. Toujours à l’affût de nouvelles découvertes. Ne crache pas non plus sur une bonne bouffe.

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